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Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton

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MessageSujet: Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton Mer 14 Mar - 12:15

Une plage. Une rencontre.
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Jayden & Damian

« Mayday ! Mayday ! Ici Valkyrie pour la base. Vous m'entendez ! »

Aucune réponse, j'écrase un juron entre mes dents avant de répéter une opération de communication avec la base, mais rien. Ce n'est qu'un bruit blanc qui répond entrecoupé par des paroles ou fin de phrases incompréhensibles. Tout ce que je peux percevoir, c'est que la base tente une communication vaine avec moi. Disparu. Radar. Autant que moi, eux aussi semble s'inquiéter de la situation présente. Maintenant, je comprends d'où m'est venue ce pressentiment étrange qui m'a étreint depuis mon réveil. Qui aurait pensé qu'après avoir rencontré par deux fois la Faucheuse, je finisse par succomber à une étreinte, après avoir survécu à un dérèglement météorologique étrange. Je tente vainement de maintenir mon appareil dans les airs, tout en m'entêtant à contacter encore et encore la base, mais rien. Je finis par désespérer et j'abandonne, à la vitesse où vont les choses, je risque de m'écraser et me noyer. Je n'ai pas d'autre choix que d'abandonner absolument tout sauf les photos de ma famille pour ensuite m'éjecter de l'appareil.

J'observe ce dernier fendre vers la mer comme un monstre prêt à se faire dévorer par un autre plus imposant. D'un geste, je tire sur la manette libérant ainsi le parachute qui me permet d'admirer, non sans une boule au ventre, le spectacle alarmant qui se produit sous mes yeux. L'espoir d'un retour me sera désormais impossible et me voilà à m'imaginer comme dans le film "Seul au monde", où je devrais transformer un ballon de basket en tête presque humaine pour tenir une conversation avec elle, me sentir moins seule. Tout du moins, c'est le genre de truc débile qui vous passe par la tête en attendant que vous sentiez l'eau amortir votre chute ou plutôt vous accueillir en premier avant de rejoindre la terre ferme.

Tout ce que je constate pour le moment, c'est que j'échappe de justesse aux morceaux pointus de diverses épaves éparpillés ici et là. On se croirait carrément dans un jeu d'aventure où l'on devra survivre par nous-mêmes avant de trouver un moyen de partir. Franchement, j'ai trop traîné avec des gars pour voir les choses comme dans un jeu vidéo.

L'eau m'accueille et me couvre. Sous l'eau, je peux voir des formes sombres, mais je n'arrive pas à savoir si ce sont des poissons ou de simples morceaux de débris laissés par ce qui a pu échouer ici. Je n'ai pas le temps pour une exploration poussée et pas de matériel adéquat pour cela. Je me défais de mon parachute pour rejoindre la surface, mais c'est coincé... Bordel ! Manquez plus que cela ! Je tente d'attraper mon couteau afin de couper les sangles qui me retiennent, mais le souffle me manquent peu à peu et je sens des trucs me toucher et j'aime vraiment pas ça. Le contact n'est pas des plus agréables. Un courant se fait soudainement plus fort et ça me surprend au point que je perds une partie de mon air et que j'en viens à me cogner sur quelque chose de dur et qui en résulte un écho amoindri par l'eau. Je sers les dents, je n'ai guère d'autre choix et je poursuis mes efforts qui finissent par porter leur fruit. Je pousse un ouf mental avant de rejoindre la surface, m'écorchant au passage à la hanche. Je ne dis rien, mais je n'en passe autant, une multitude de jurons me passe par la tête et je me dis qu'il vaut mieux que je retourne à la terre ferme. Je ne suis pas faite pour l'eau juste pour les airs et la terre, ce qui m'est amplement suffisant.

L'air frappe mon visage et enfin, je prends une grande bouffée d'air qui m'apaise dès l'instant. J'observe autour de moi et je vois un désastre sans nom. Non pas mon rafale qui a fini au fond de l'eau depuis un petit moment, mais les bateaux éparpillés. C'est un vrai cimetière de taule rouillé. Cela me donne même des frissons, de mauvais souvenirs remontent à la surface que je pensais à jamais enfermé dans un coin de mon esprit. Ne préférant pas m'attarder, je viens à nager.

« Va chier ! » Fis-je en sentant la douleur à ma hanche dont l'eau salée n'arrange pas des masses. Heureusement qu'à l'armée, on est toujours à jour concernant nos vaccins, sinon j'aurais bonne pour attraper le tétanos. Difficilement, je me fraye un chemin, bien que difficilement devant passer à nouveau sous l'eau ou bien au-dessus de débris avant de rejoindre le sable chaud de la plage où je m'écroule complètement épuisée. Pendant un instant, mon corps ne me répond plus, je me contente de reprendre ma respiration et d'évacuer dans une semi-médidation le stress de l'action vécu plus tôt. Malgré mon mauvais pressentiment, jamais je n'aurais pu deviner ce qui allait se passer. Comment aurais-je pu croire que j'allais me crasher durant un simple vol d'essai, alors que j'ai survécu à des balles dont les cicatrices sont encore là, bien présentes dans ma chair.

Je suis épuisée. Quand l'ai-je autant été la dernière fois ? Je ne sais plus. Sans doute à mon retour d'Irak. Quand la tension disparaît et que la fatigue s'offre à soit et ne veut plus nous quitter même pas pour un instant. Les semaines suivantes, je me souviens avoir été prise d'une démotivation intense, de l'envie de ne rien faire à part dormir. Mais les épisodes vécus me revenaient en mémoire et je parvenais à trouver un sommeil loin d'être reposant, mais heureuse, que je suis faite d'un roc peu commun, digne d'un Lancaster, le genre qui ne vous fait pas perdre contact avec la réalité, mais qui au contraire, vous pousse à donner plus de vous-même, à outrepasser les limites de votre conscience et de votre esprit même dans l'épuisement, je suis prête à tout donner. Ce n'est pas pour rien que j'ai été accepté dans la Royal Air Force et que j'étais prête à rejoindre les Forces Spéciales, je voulais m'inscrire, mais c'est une chose que je peux oublier pour le moment.

Je finis par ouvrir les yeux, mais mes muscles ne me répondent plus vraiment, je dois m'avouer vaincu pour le moment. Mon être demande encore un peu de repos. Je suis quelque peu blessé, mais ce n'est rien d'important, une égratignure qui dans le temps s'évaporera, sans doute aurais-je une trace de cet événement, mais rien de plus.

Mes yeux se ferment un moment. Mon esprit se joint à mon corps. Je dois me reposer, rien qu'un peu. De toute manière, qu'est-ce que je risque
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MessageSujet: Re: Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton Mer 14 Mar - 15:49

On venait de me communiquer le crash imminent d'un avion de classe militaire. J''étais près de la zone où l'avion allait bientôt faire sa rencontre avec la mer bordant l'île d'Haima. J'espérais que son occupant aurait le réflexe de s'éjecter et de rejoindre la plage avant de mourir parce que je n'y serai jamais avant que l'avion ne se soit écrasé. Je pouvais le voir voler dangereusement mal en descendant rapidement vers la mer et le cimetière aux épaves qui bordait l'île. Le pilote a eu le bon réflexe de s'éjecter, son parachute se remarque aisément dans le ciel mais sa trajectoire lui promet de finir à l'eau. Je pressais ma course à travers la végétation luxuriante, slalomant avec adresse entre les arbres sans ralentir ne serait-ce que qu'un peu. Les militaires ne sont pas mes préférés quand ils arrivent sur l'île, toujours du genre à répondre de façon militaire, en sortant leurs armes, en ouvrant le feu. Je sais qu'ils ne me toucheront pas, j'ai des réflexes de guerrier et un entrainement de plusieurs siècles derrière moi. Aucun ne parviendra à me toucher ou me blesser mais cela m'impose de désarmer et maitriser la personne en question. On m'a signalé qu'on enverrait une humaine pour accueillir la nouvelle arrivante mais l'humaine mettrait un petit moment avant d'arriver. Je doutais d'ailleurs qu'elle ne soit là avant le lendemain. Elle sera accompagnée pour sa propre sécurité et d'ici là, le pilote aurait déjà eu un bref briefing sur sa nouvelle vie et les quelques menues choses qu'il allait devoir accepter dont le plus dur : il ne repartira jamais.

Je surveille un peu la descente ralentie par le parachute du pilote en espérant qu'il n'allait pas s'emmêler dans sa toile et se noyer. Après avoir survécu à un crash ça serait quand même une fin horrible et franchement pas méritée. Tout guerrier que j'étais, gardien de cet île depuis un millénaire et demi, je n'aimais pas la mort, encore moins tuer, je ne le faisais que par devoir, pour protéger ce en quoi je croyais, ce que j'aimais, cette façon de vivre, la paix entre vampires et humains. Je croyais en ce que je défendais et cela faisait de moi un véritable guerrier d'Haima, toujours doté du même respect pour les gardiens, qu'ils soient humains ou vampires. Je trouvais même un courage plus grand encore chez les humains, bien plus fragiles que les représentants de mon espèce. Il faut du courage pour faire ce que font ces humains, une balle dans le cœur, dans la tête, dans l'estomac pouvait suffire à les tuer et pourtant ils étaient bien là, prêts à se battre pour Haima et cette façon de vivre en harmonie entre nos deux peuples. Evidemment le fait que je sois gardien n'allait clairement pas aider à l'accueil du pilote mais mieux valait moi qui sait me défendre qu'un autre qui ne sache pas se défendre, ou un humain qui se ferait tirer dessus et tuer. Je pouvais imaginer la peur qui devait habiter le pilote, son avion écrasé, perdu sur une ile qu'il doit penser déserte avec tous ces débris d'autres avions et bateaux partout dans la mer comme un avertissement de ne surtout pas approcher de cette île.

Arrivant sur la plage, je remarque rapidement le pilote sur le sable. La pilote en l’occurrence. Un coup d'oeil sur son épaule me permet de remarquer ses couleurs, la RAF, une anglaise par conséquent. Habituellement pas les plus nerveux de la gâchette mais particulièrement bien entrainés la majeure partie du temps, ce n'est pas par hasard qu'ils ont les meilleures Forces Spéciales. Mais même ces forces spéciales ne sont rien à côté des Gardiens de l'île, même des gardiens humains, nous sommes sans doute la plus redoutable armée ayant jamais foulé le sol de la Terre. Je ne reste pas à trop longue distance d'elle, préférant m'approcher en silence sur le sol. Mes cheveux longs jusqu'à mes épaules, un rasage parfaitement soigné à l'aide d'une de mes deux épées courtes. Mes armes de prédilection, personnelles et déstabilisantes pour les adversaires, il est très difficile de se battre collé l'un à l'autre. A une petite distance toutefois je décide de faire remarquer ma présence. Pas trop proche pour ne l'affoler, pas assez loin pour lui laisser le temps de tirer plus de deux ou trois. Mes muscles sont déjà prêts à réagir si elle décide de tirer, elle sortira son arme c'est inévitable, réaction militaire, je préfère les avions et bateaux de civils. Je ne montre aucun signe d'hostilité, en dépit des deux petits bouts de manche d'épée dépassant de mon dos. Je parle en anglais puisque son écusson est celui de l'aviation britannique.

« Bienvenue sur Haima. »

Je n'en dis pas plus, conscient que ma seule présence allait déjà sacrément la surprendre.
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MessageSujet: Re: Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton Jeu 15 Mar - 14:04

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Jayden & Damian

Je suis totalement épuisée. Je ne pensais pas l'être autant depuis ce matin. En fait, quand l'habitude vous ronge la chair, on ne prête plus vraiment attention aux besoins secondaires. On fait ce qui est essentiel et on apprend à aller au-dessus du reste. De toute manière, dans l'armée, on vous apprend à tout endurer et comme j'y suis habituée depuis mon enfance, c'est devenue une seconde nature. Mais, cette fois-ci, j'avoue que je me laisse un peu aller. Le soleil frappe cette plage, mais n'est pas totalement chaux non plus au point de me faire suer. De toute manière, les temps de ce type, j'y suis habituée, l'Angleterre n'est pas vraiment reconnu pour être aussi ensoleillé que ne peut l'être l'Italie ou encore la Grèce, pour ne citer que ces exemples. Donc, ce n'est pas un supplice, mais j'aurai nettement préféré une température un peu plus agréable tout de même. Néanmoins, je parviens à en faire abstraction, me concentrant sur ma respiration et les battements de mon cœur, c'est ce début qui me permettra d'être à nouveau d'aplomb, tout du moins je l'espérais fortement. Un seul signe de faiblesse dans un endroit étranger risquait d'être problématique pour moi. Je n'ai que peu de force pour bouger, donc, je ne fais rien. Les bruits des vagues qui s’échouent sur la plage ou frappent la taule des carcasses que la mer protège en son sein dévastateur me permet plus ou moins de trouver un aspect zen et prompt à la méditation. Lié à ma respiration et j'arrive à trouver la situation pas si infernale que cela enfin de compte. Allais-je déjanter ? Bien que pragmatique de coutume, je reste néanmoins bien les pieds sur terre donc prudente face à mon avenir. Ne pas avoir pu faire une liaison avec la base m'énerve et savoir en plus que mon matériel a semblé dysfonctionné en entrant dans une soudaine zone de turbulences ne plaît pas du tout. Sans doute que le contact, m'est impossible, peut-être que si je trouve un point très élevé, cela pourrait être faisable. Encore faut-il que je trouve une radio dans l'une des carcasses d'avions ou de bateaux qui sont à ma disposition, mais dont l'équilibre sur l'eau me semble, plutôt précaire.

« Bienvenue sur Haima. »

Cette voix qui sort de nulle part me surprend. Comment ai-je pu faire pour ne pas entendre les pas de son propriétaire ! Bordel, je me suis trop laissée aller à penser et à me reposer qu'à faire attention à mon environnement. D'ailleurs, c'est quoi Haima ? Je n'en ai jamais entendu parler. Difficilement, je me redresse, main sur la hanche pour faire face à l'homme qui vient d'apparaître alors, que je viens de survivre à un crash. Un survivant dans ces lieux, on se dit que soit c'est un allié ou bien un ennemi. Il n'y a pas plus de choix possible alors, autant y mettre les formes et surtout la couleur.

Les armes dans son dos, ne me disent rien qui vaille alors, je pose ma main sur mon Glock, je n'ai pas trop le choix. Je tiens pas à me faire transpercer alors, que je viens d'arriver ici. Fronçant les sourcils, je titube légèrement, ma blessure ne me semblait pas si sérieuse que ça dans l'eau, mais maintenant, je commence à en douter fortement. Je perds du sang et ce manque de liquide vient à se faire sentir avec une faiblesse qui ne m'est pas étrangère. Je l'ai déjà connu lorsque je me suis faite tirer dessus en Irak. Cette saloperie de brûlure, je l'ai encore dans la mémoire et parfois, j'ai l'impression de la ressentir encore dans ma chair.

« Veuillez rester à distance et décliner votre identité... » Fis-je en mettant une main devant moi pour affirmer plus encore ma demande alors que l'autre se trouvait sur mon arme. « Haima. C'est quoi ça, j'en ai jamais entendu parler. »

Sans doute, prenait-il un air calme et amical, mais je me méfie. J'ai bien trop vu au cours de ma vie pour savoir qu'il ne faut pas se fier aux belles paroles et aux beaux gestes. Tout peut facilement être dissimulé, l'hypocrisie est à chaque coin de rue et je ne veux pas m'en retrouver victime. « J'ai dit de ne pas approcher. » Même blessé, un membre de la Royale Air Force sait comment tenir face à l'ennemi et au vue de mes dernières ambitions, je suis comme une lionne en cage qu'on a peine nourrit et qui, peut devenir plus menaçante que jamais. Oui, je suis capable de bien des choses. Ne dit-on pas qu'un animal blessé peut être deux fois plus dangereux ?

Par précaution, je fais un pas en arrière tout en le regardant un peu mieux. Sa tenue. Elle est vraiment étrange. Qui est-il ? Je secoue doucement la tête, ce n'est pas le moment de penser à cela. « Y a-t-il une radio quelque part ? Je dois prendre contact avec ma base. À moins que vous ayez un téléphone ou un autre outil de communication. »

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MessageSujet: Re: Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton Jeu 15 Mar - 14:44

Comment aurai-je pu me faire plus amicale pour l'accueillir ? J'ai le sourire, enfin j'essaye en sachant de toute façon qu'elle va me menacer avec son arme, je parle doucement d'une voix chaleureuse mais rien n'y fait, elle réagit comme une véritable louve et se met de suite en position de combat. Au moins le choc n'a pas trop amoindri ses réflexes même si elle semble avoir réussi à joliment se blesser. Au lieu de s'inquiéter de ce que moi je peux lui vouloir, elle ferait mieux de stresser de ce qui adviendra d'elle si elle ne soigne pas rapidement sa blessure à la hanche. Malgré la douleur elle tient debout, son arme pointé dans ma direction d'une main aussi sûre que son état le lui permet. Je ne doute pas une seconde qu'elle sait parfaitement s'en servir mais même si elle vidait son chargeur entier, elle ne parviendrait jamais à me toucher. Son regard me dévisage, m'étudie, s'intéressant aux armes que j'ai dans le dos, elle semble à la fois intriguée et inquiète. Ses mots ne sont pas plus surprenants que ceux de tous les autres militaires avant elle, mon identité et ce qu'est Haima, un grand classique.

« Damian Stanton, Gardien de cette île. »

Voilà qui était fait pour les présentations, elle ne peut pas précisément comprendre ce qu'est un Gardien d'Haima pour l'instant mais ça viendra, une fois qu'elle aura eu droit au comité d'accueil. J'espère qu'ils ont envoyé quelqu'un qui sait y faire avec les forts caractères parce que quelque chose me dit qu'elle n'a pas un caractère des plus faciles. Je peux y trouver un certain charme, tout comme je lui trouve un charme physique mais si elle ne le montre pas, la blessure à sa hanche semble vraiment douloureuse, la déranger, sans oublier qu'elle met sa vie en danger.

« Haima c'est cette île où vous vous êtes écrasée. Elle fonctionne un peu comme le triangle des bermudes, on survole ou navigue dans sa zone et on disparaît. »

C'était la version très brève et pas franchement optimiste mais ça laisserait de la place à l'humain qui allait débarquer pour l'accueillir et la chaperonner pour sympathiser. Elle me répète de ne pas approcher, sa vue serait-elle en train de se brouiller ? Je n'ai pas encore bougé mais de toute façon je doute qu'elle ait le temps de faire quelque chose au moment où j'allais vraiment bouger dans sa direction.

« Je suis désolé mais pour l'instant vous ne pouvez accéder à aucun moyen de communication. D'abord parce que vous venez d'arriver et que je ne sais rien sur vous, ensuite parce que tout renfort qu'on vous enverrait subirait le même sort que votre appareil, enfin parce que je n'obéis jamais quand on braque une arme sur moi. »

Je mime de faire un pas en avant, constant qu'elle est sur ses gardes mais pas une folle de la gâchette, elle n'a pas tiré. Cela dit je suis presque sûr que si je fais vraiment un pas, elle va tirer.

« Quelqu'un va venir s'occuper de votre accueil ici. Cette personne vous expliquera tout sur cette île et ce qui vous est arrivée. Il faut que vous compreniez une chose importante, je n'entends pas faire de vous ma prisonnière et vous jeter dans une geôle. Je veux seulement vous aider en attendant l'arrivée du comité d'accueil. »

Je termine ma phrase, regardant dans sa direction. Soudainement je m'élance vers elle, trop vive pour ses tirs que son état de fatigue et sa blessure ne rendent pas plus précis. Je suis bien vite à sa hauteur, une main s'emparant du canon de l'arme, l'autre venant frapper un petit coup sec en plein sur sa blessure. L'effet de ce coup est immédiat, libérant l'arme dans sa main que je peux récupérer, la main qui l'avait frappée l'enserre doucement pour accompagner sa chute dans le sable.

« Je suis désolé, il fallait que je le fasse, vous avez besoin de soin. Là, regardez, je vous rends votre arme. »

Fidèle à mes mots je range son arme dans son holster tout en gardant mon regard sur sa blessure.

« Il faut arrêter l'hémorragie. J'ai de quoi désinfecter et recoudre. Ou alors vous pouvez reprendre votre arme, me menacer et vous vider de votre sang. Vraiment, c'est votre choix, pour moi ça ne fait aucune différence. »
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MessageSujet: Re: Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton Jeu 15 Mar - 22:32

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Jayden & Damian

Tout devient flou autour de moi, j'ai dû mal à garder les pieds sur terre et ne pas défaillir face à cet homme. Je n'arrive pas à faire confiance, pas dans cet état. Automatiquement, nos sens sont plus encore en alerte, on ne veut pas se laisser berner au point d'être désobligeant avec des gens qui ne le méritent sans doute pas. Peut-être que celui qui me fait face ne désire pas me faire de mal, mais je préfère jouer de prudence, rester sur le terrain qui me semble le plus sécurisant. Mon arme le visant malgré l'énergie qui baissait de seconde en seconde. Guère étonnant avec le sang que je perdais, j'ai certes connu pire, mais l'effet reste éternellement le même. Je prends une profonde inspiration, fermant fortement mes yeux avant de les ouvrir à nouveau. Ma vue se brouillait autant que ce que j'entendais. J'avais l'impression que le bruit des vagues prenait un autre son, comme lorsque vous êtes dans l'eau et que l'on se plonge dans un état méditatif laissant l'ouïe vagabonder afin que notre esprit dessine mentalement ce qu'il pouvait entendre sans avoir à user de la vue. Où suis-je ? C'est l'interrogation première qui tournait en boucle dans ma tête et dont je ne parvenais pas à trouver de réponse.

Haima. Ce mot se répétait sans cesse également, mais j'avais beau user de mes connaissances géographiques, que rien ne me venait. Oui, je n'ai jamais entendu ce nom ne serait-ce qu'une fort lors de mes voyages et, on peut dire que j'ai vu du pays. Le monde ne m'est pas étranger, en tout cas, certains lieux. J'ai toujours mis un point d'honneur à connaître le monde et les gens tant par mon métier que par moi-même. J'ai vécu beaucoup de belles expériences, parfois désobligeante, comme essayer certaines cuisines locales, mais il faut savoir que, de temps en temps, il fallait aller au-delà de nos propres limites. J'en viens alors, à me dire que nos ancêtres avaient dû manger de la nourriture avariées pour se nourrir au point de même chercher des vers faisant fi de leurs propres dégoûts.

« Damian Stanton, Gardien de cette île. »

La voix de l'homme me replonge dans cette triste réalité. Oui, je venais de me crasher ici, devenant l'actrice d'un mauvais film et faisant face à un individu qui se disait gardien de cette île. Bien que je pourrais tenter de comprendre dans une autre situation, là, j'avoue que les choses me dépassent et surtout que je n'ai pas tellement envie de faire plus d'effort que nécessaire surtout que je faisais tout pour ne pas m'écrouler sous la douleur et la perte de mon énergie. J'avais l'impression que mon arme pesait lourd dans mes mains.

« Haima c'est cette île où vous vous êtes écrasée. Elle fonctionne un peu comme le triangle des bermudes, on survole ou navigue dans sa zone et on disparaît. »

« Le triangle des Bermudes ? » Je n'ai jamais cru en ça, j'ai toujours pensé que c'était des balivernes. Des histoires de marins, de vieilles femmes ou encore des amoureux de fiction. Moi, je suis bien trop logique pour me laissait aller à de telles explications sans queue ni tête. En tout cas, c'est que j'affirmerais avec virulence, si je n'avais pas été victime d'une météo étrange et d'un orage foudroyant qui a eu un impact clair sur mon matériel. Mon avion n'a plus répondu et les messages qui me parvenaient, n'était plus que des bribes de conversation.

« Je suis désolé mais pour l'instant vous ne pouvez accéder à aucun moyen de communication. D'abord parce que vous venez d'arriver et que je ne sais rien sur vous, ensuite parce que tout renfort qu'on vous enverrait subirait le même sort que votre appareil, enfin parce que je n'obéis jamais quand on braque une arme sur moi. »

« Lieutenant Jayden Lancaster de la Royale Air Force. » Fis-je simplement sans baisser mon arme. Je sais que le moindre manque d’inattention pouvait avoir un impact sur la suite. « Vous savez qui je suis à présent. Et sans vous manquer de respect, le triangle des Bermudes n'est qu'une fiction rien de plus. Il doit avoir une explication logique à cette île qui n'apparaît sur aucune carte. »

Oui, mais laquelle, je ne suis guère en état de faire des recherches ou bien d'écouter des élucubrations comme il vient de me sortir. En fait, je fais plus attention au moindre de ces gestes. Les mains de cet homme sont celles d'un combattant et je crains le moment où il les mettra sur le pommeau des armes qui se trouvent à son dos. Quand il mime de s'approcher, je tiens plus fermement mon arme me demandant comment je fais pour rester consciente, enfin si l'on peut qualifier mon état de la sorte.

« Quelqu'un va venir s'occuper de votre accueil ici. Cette personne vous expliquera tout sur cette île et ce qui vous est arrivée. Il faut que vous compreniez une chose importante, je n'entends pas faire de vous ma prisonnière et vous jeter dans une geôle. Je veux seulement vous aider en attendant l'arrivée du comité d'accueil. »

« Comité d'accueil ? » Je laisse un rire bref se faire entendre. « J'ai déjà entendu ça en Irak et j'ai failli crever. » Oui, ce genre de parole, je ne connaissais que trop bien. Trop au point de m'être fait avoir et tiré dessus avant qu'une équipe de l'armée de terre américaine ne vienne me sauver m'évitant ainsi le pire. Quand on est blessé, on a soit tendance à être méfiant ou bien à être méfiant. Autrefois, je ne l'ai pas assez été et aujourd'hui, sans doute le suis-je trop, mais c'est mieux ainsi.

Quand il vient à s'élancer soudainement vers moi, instinctivement, je tire et le manque. Il est rapide. Je le suis aussi, mais pas comme lui. La vache, je dois être dans un état bien pire que je le pensais. A moins qu'il soit sur-entraîné, bien plus que je ne pourrais sans doute jamais l'être. Pas après des années d'entraînement tout du moins. Je suis vive, mais non... Pas comme ça. Le coup à ma blessure me fait lâcher mon arme ainsi qu'un juron. « Putain de merde ! Enfoiré. » Oui, ce n'est guère joli dans la bouche d'une femme, mais malgré ma fine éducation, je n'ai pas échappé à ça. Au lieu de me laisser tomber, il pose sa main à la base de mes reins pour accompagner ma chute afin qu'elle ne me soit pas désagréable.

Peut-être que j'avais eu tort de me montrer aussi mordante et sur la défensive. Un homme qui vous veut du mal, en aurait eu assez et aurait profité de cette occasion à ce moment précis.

« Je suis désolé, il fallait que je le fasse, vous avez besoin de soin. Là, regardez, je vous rends votre arme. »

Je le regarde dans son mouvement où il vient ranger mon arme. C'est peut-être mieux ainsi, j'ai à peine de force pour faire autre chose en cet instant.

« Il faut arrêter l'hémorragie. J'ai de quoi désinfecter et recoudre. Ou alors vous pouvez reprendre votre arme, me menacer et vous vider de votre sang. Vraiment, c'est votre choix, pour moi ça ne fait aucune différence. »

Sans prévenir, je lui donne un coup de poing à la figure en serrant les dents. « Ouais et désolé pour ça. Mais j'aime rendre les coups. » Fis-je en faisant référence à celui que j'ai eu sur ma blessure qui me relançait et qui m'obligeait à rester parfaitement immobile. Je ferme un instant les yeux en tentant de reprendre une respiration plus calme. Tant bien que mal, j'y parviens, bien que des piques se font connaître au niveau de ma blessure et c'est très loin d'être agréable. « J'vais vous laisser faire. »

Ma tête se pose sur le sable tandis que je le regarde longuement. Je pourrais lui poser de nombreuses questions, mais je suis convaincue qu'il ne répondra pas à toute, cela ne me laisserait que plus d'interrogations encore. Oui, parfois, il vaut mieux être silencieuse. Ne rien dire, laisser faire, voir au fur et à mesure du temps qui passe.

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MessageSujet: Re: Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton Ven 16 Mar - 13:46

Je commence à croire que sa blessure est plus grave qu'elle n'y laisse paraître si le triangle des bermudes ne lui parle pas. Ou alors elle est tout simplement extrêmement sceptique sur ce que je venais de dire, des gens terre à terre j'en ai vu passé plusieurs en pratiquement deux millénaires d'existence. Je pourrai comprendre qu'elle ait un doute sur la véracité de mes propos mais pourtant elle était sur une plage qui prouvait bien ce que j'avançais, il suffisait de regarder aux alentours dans la mer et par endroit sur le sable pour trouver des carcasses d'avions et bateaux aussi divers que variés provenant d'époques variées également. Je désigne la plage autour de nous et la mer en me doutant qu'il était peu probable qu'elle détache son regard de moi. Les blessures rendent nerveux, la nervosité rend paranoïaque, plus encore quand on est militaire, je sais d'expérience que les plus dangereux à accueillir sont les militaires mais que les pires sont les civils armés. Le militaire ne tirera pas sans raison, le civil armé risque de tirer n'importe quand dans la peur et la panique qui l'envahissent toujours en arrivant. Mon petit geste théâtral s'accompagne de quelques mots.

« Il y a plus dans notre monde que vous n'imaginez. Regardez tous ces navires et avions partout, cette zone devrait être interdite de navigation et survol, et il me semble qu'elle l'est. »

Tant de navires et d'avions auraient pu être sauvés si effectivement cette zone était interdite aux marins et aviateurs mais ça n'avait jamais été le cas. Pas comme il le fallait. La zone est considérée dangereuse, pas strictement interdite. Comme la militaire face à moi, beaucoup de personnes pensent que le triangle des bermudes et les zones dangereuses à pratiquer ne sont que de l'imaginaire. Si elle savait ce que je suis vraiment, ma nature, quelle tête ferait-elle ? Elle se présente et je lui offre un petit signe de tête en réponse.

« Je comprends vos doutes, Lieutenant mais quel intérêt aurai-je à vous mentir ? Beaucoup de gens qui finissent naufragés sur cette île sont persuadées qu'il y a une explication logique et qu'ils la trouveront. La vérité c'est que cette endroit du globe ne veut pas être connu et découvert, qu'il s'est rendu dangereux naturellement pour demeurer un havre de paix. »

Je savais que ça n'allait pas la convaincre mais je suis militaire autant qu'elle et franchement si j'étais à sa place je serai aussi dubitative qu'elle … sinon plus encore. Le terme de comité d'accueil n'est pas franchement bien choisis mais c'est les mots. Une humaine accompagnée d'un vampire, le vampire pour la protection, l'humaine pour s'assurer de la douceur et la chaleur de l'accueil. Un petit sourire passe rapidement sur mon visage quand elle parle du dernier comité d'accueil qu'elle a connu.

« Notre chargée d'accueil est blonde, souriante et pleine de vie. Je doute qu'elle ait le moindre entrainement martial et elle n'est pas armée sauf de médicaments pour vos blessures et de réponses à vos questions. »

Je me lance finalement vers elle, parvenant à habilement me défaire de ses tirs et la désarmer. Le petit coup sec dans sa blessure fait trembler ses jambes et tout son corps, je peux récupérer l'arme sans peine et l'emmener doucement vers le sol tout en m'excusant de ce que je venais de faire. Je lui rends son arme, signe que je décide de lui faire confiance pour ne pas se jeter dessus comme une démone et me la pointer au visage pourtant je n'échappe pas à un coup de poing avec une petite explication.

« Pas de mal, je comprends. »

Elle me dit qu'elle va se laisser faire et je porte le regard sur sa blessure, l'examinant du regard.

« Il faut que je vous enlève votre gilet et votre veste, je vais devoir prendre une dague. »

Avant qu'elle n'ait le temps de bien imprimer mes mots, ma main s'est emparée d'une dague, deux coups précis à hauteur de ses épaules me permettent de lui enlever son gilet. Ma dague est déjà de nouveau rangée et j'ouvre la fermeture de sa veste avant de remonter son débardeur pour poser mon regard sur sa blessure.

« Rien n'a l'air touché, c'est relativement superficiel, il y a juste beaucoup de sang qui coule. »

Je pose à côté d'elle une petite trousse de soin, destiné aux humains plus qu'à moi.

« Ca ne va pas être très agréable. Vous voulez un truc à mordre ? »

Je commence par prendre la longue pince et m'en servir pour retirer minutieusement un à un tous les morceaux de tissu qui se sont glissés dans sa blessure. Mes gestes sont précis, mes mains ne tremblent pas. Elle est une belle jeune femme, elle a un charme que j'apprécie vraiment beaucoup de pouvoir admirer.

« Il y a quelque chose d'important dans votre avion ? Quelque chose auquel vous tenez et que vous souhaiteriez récupérer ? Photo, bracelet, couteau-suisse … grigri personnel ? »
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MessageSujet: Re: Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton Mer 21 Mar - 0:50

Une plage. Une rencontre.
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Jayden & Damian

Bien sûr que je suis souffrante et faible, cela serait stupide de dire le contraire. La lourdeur de mon corps se fait un peu plus importante et pourtant, j'ai été élevé comme un homme, à la dure, que l'on voulait parfaite en tout point pour tout affronter et surtout soutenir toute une famille. Ne me demandez pas pourquoi mon père s'est entêté à faire de moi le garçon qu'il n'a jamais eu. Pour cela, est-il tombé sur moi plutôt que sur mon aînée. Peut-être qu'il avait su percevoir la force que je dégageais au moment de ma naissance. Mon état actuel ne faisait que prouver que je pouvais endurer plus qu'on ne pourrait le croire et d'avoir un visage impassible et une attitude autant calme que prompt à l'impulsivité. Je ne me laisserais pas faire sans combattre, c'est que l'armée m'a toujours enseigné et étant donné mon désir de vouloir rejoindre les Forces Spéciales, je me devais de me rendre plus forte et de pouvoir aller au-delà de mes limites. Plus d'une fois, on m'en voulait de suivre un parcours aussi compliqué, tant pour mon corps que pour mon esprit. Mais, je suis du genre à penser qu'on n'a rien sans rien. Il faut déployer des efforts incroyables pour toucher l'impossible. Et je suis plutôt fière de cette devise qu'est celle de ma famille. Je la respecte depuis toujours et bien qu'elle ne fut pas toujours ma meilleure amie, pouvant se transformer en ma pire ennemie, je peux au moins être témoin de la véracité de cet adage bien particulier.

Cet homme m'explique ce qu'est cet endroit en ouvrant grand ces bras, dans un mouvement plus théâtral que sérieux, mais je dois admettre que pour le peu que j'ai vu, les galions, navires, bateaux et avions signant des époques diverses et variées ne pouvaient que prouver la vérité de ces paroles. Cet endroit devait exister depuis assez longtemps pour s'être formé une communauté. Le dénommé Damian avait certes une tenue particulière, mais il me confirmait qu'une civilisation aussi avancée que celle de mon monde devait se trouver là. Peut-être plus, peut-être moins. En tout cas, les armes à feu ne font pas partie du matériel que devait avoir les gardiens. Ces derniers privilégiant plus les lames, chose que je sais tout autant que manier. Si la situation aurait été tout autre, peut-être aurais-je pu prétendre à un face-à-face digne de mes années en tant que capitaine du club d'escrime auquel j'appartenais. Des souvenirs de mes époques de compétitions viennent à mon esprit et voilà que je me perds à nouveau dans un moment que je ne devrais pas. C'est trop dangereux !

« Il y a plus dans notre monde que vous n'imaginez. Regardez tous ces navires et avions partout, cette zone devrait être interdite de navigation et survol, et il me semble qu'elle l'est. »

« Pas vraiment non. » Répondis-je un peu froidement. Si vraiment cela avait été le cas, alors, on l'aurait déjà dit lors du briefing avant son vol de reconnaissance. Un trajet dangereux devait être évité donc contourner, mais ce ne fut pas le cas cette fois-ci. Avait-elle été une cobaye sans le savoir ?

« Je comprends vos doutes, Lieutenant mais quel intérêt aurai-je à vous mentir ? Beaucoup de gens qui finissent naufragés sur cette île sont persuadées qu'il y a une explication logique et qu'ils la trouveront. La vérité c'est que cette endroit du globe ne veut pas être connu et découvert, qu'il s'est rendu dangereux naturellement pour demeurer un havre de paix. »

Avouons que la nature fait parfois les choses d'une manière plutôt mystérieuse et cet endroit ne pouvait que témoigner de cela. J'avoue que j'ignore comment agir, laisser le bénéfice du doute ou bien m'entêter dans ce terrain fait de logique et de probabilité ? En plus, je ne parvenais pas à baisser mon arme, celle-ci était comme vissée dans mes mains. Peut-être étais-je ridicule, mais je n'étais pas fait pour ne pas laisser un minimum de prudence et de méfiance faire son œuvre.

« Notre chargée d'accueil est blonde, souriante et pleine de vie. Je doute qu'elle ait le moindre entrainement martial et elle n'est pas armée sauf de médicaments pour vos blessures et de réponses à vos questions. »

« Toutes mes questions ? » Je ne pus m'empêcher de soulever ce dernier point. « J'en doute. » Rajoutais-je simplement. Cet endroit m'est trop étrange pour me dire qu'on viendrait automatiquement à éclaircir la moindre de mes curiosités. Qui me dit qu'ils ne peuvent pas contacter le monde extérieur et qu'ils préfèrent garder cette information pour eux uniquement ? Je pourrais faire une longue liste de supposition, mais je me retiens. Les paroles sont loin d'être convaincantes et il le constate que trop bien à mon sujet. En tout cas, cette errance dans mon esprit, lui a laissé une ouverture pour me désarmer en appuyant sur ma blessure laissant échapper un juron de mes lèvres avant de m'écrouler sur le sable.

On ne peut pas dire que ce dernier est chaud et plutôt agréable, mais sa température n'est pas non plus froide comparé à l'eau plus froide malgré le soleil qui se réfléchissait sur la surface calme. C'est un nouvel échange qui se fait entre nous, excuse et coup de poing se font connaître et malgré mon geste, il comprend. Comme si je voulais qu'il accepte ou le comprenne. Je suis en rage d'être faible et d'atterrir dans un endroit comme celui-ci. J'ai dû passer une étape de vol en somme toute simple et on m'apprend que ce dernier est dangereux ! Chose à laquelle, je n'ai pas été prévenu. Autant vous dire, que si je viens à partir d'ici, je risque de faire bouffer la feuille de trajet à mon supérieur. L'idée de n'être qu'un cobaye parmi tant d'autre m'enflamme et ne fait qu'user de mon énergie déjà assez faible comme ça.

« Il faut que je vous enlève votre gilet et votre veste, je vais devoir prendre une dague. »

Mon regard plonge dans le sien et je me contente de hocher la tête me rendant compte que j'étais bel et bien à sa merci. Je n'ai plus aucun camarade pour m'aider et abuser de mon état ne me rendra sans doute pas service surtout pas quand je me rends compte de l'agilité et la vitesse dont a fait preuve ce gardien.

« Rien n'a l'air touché, c'est relativement superficiel, il y a juste beaucoup de sang qui coule. »

Comme quoi, même la plus petite des blessures peut devenir une véritable calamité au niveau des mouvements et de l'endurance.

« Ça ne va pas être très agréable. Vous voulez un truc à mordre ? »

« Non ça ira, si jamais c'est douloureux, je veux avoir la bouche libre pour vous insulter. » Oui, bon, jouer un peu de dérision pour alléger l'atmosphère n'est pas vraiment la bienvenue, mais c'est tout ce qu'il me reste en ce moment. Et au moment où sa pince trifouille dans mes chairs meurtris, je me crispe serrant les dents alors, que je commence à briller sous la transpiration. C'est souvent comme ça quand on fournit un gros effort, quel qu'il peut être, c'est ainsi. Mes poings suivent le mouvement, se serrant au poing d'ancrer mes ongles dans mes paumes. « Putain ! » C'est dur, mais je tiens bon, même si j'ai l'impression d'avoir couru le marathon. Cela me rappelle mes premiers soins lors de mon premier crash en Irak. Blessée par balle, on avait dû faire les premiers soins rapidement et de la vieille manière. Ce n'est pas comparable certes, mais les souvenirs sont là, dans ma tête et reviendront encore et encore. On ne peut pas les oublier, seulement vivre avec et accepter le fait d'avoir échappé à la mort et de se demander pour moi et pas un autre.

« Il y a quelque chose d'important dans votre avion ? Quelque chose auquel vous tenez et que vous souhaiteriez récupérer ? Photo, bracelet, couteau-suisse … grigri personnel ? »

J'apprécie le fait qu'il détourne mon attention, mais je prends tout de même le temps avant de répondre. Le simple fait de respirer m'est insupportable. « Non, c'est bon... J'ai... J'ai ce qu'il faut dans la poche de ma veste. » Avant même que je ne décide de tirer de la manivelle pour m'éjecter de l'avion, j'ai pris des photos qui seront la seule preuve que j'ai bel et bien eu une vie.

Ma vue se brouille doucement et je parviens à peine à distinguer le visage du gardien. Je sens quelque chose piquer le coin de mes yeux. Des larmes sans doute. Ma respiration se fait plus lente sur le moment, et même si je tente de résister à l'inconscience. Je m'y plonge malgré moi.

Combien de temps est-ce que cela a duré ? Je l'ignore. Mais, je parviens à me réveiller à nouveau. Peut-être que trente minutes, une ou deux heures ont passé. C'est un mystère.

« Vous auriez pas un remontant par hasard. Quelque chose de fort, de préférence. »

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MessageSujet: Re: Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton Mer 21 Mar - 11:43

L'explication logique à cette île c'est qu'il n'y a pas d'explication logique. Comme dans d'autres endroits autour de notre planète, cette île est simplement dangereuse et devrait être interdite de navigation ou de survol pour éviter que de nouveaux arrivants viennent grossir les rangs des humains échoués parmi nous. Ce n'était pas le cas m'affirme la militaire qui souhaite encore trouver une logique dans ce qui lui était arrivé. Je doute que lui signaler que l'erreur avait peut-être été de la personne tenant le manche elle trouve cela aussi amusant que dans la blague que je voulais faire. Alors je tâche de lui parler un petit peu d'autre chose que de son crash, de lui parler de la chargée d'accueil, une petite humaine qui a elle-même fini ici après que le bateau sur lequel elle se trouvait ait coulé en mer. Son innocence et son sourire un peu candide en font une excellente candidate à l'accueil des nouveaux arrivants, elle met aisément en confiance par sa gentillesse et sa douceur, on l'imaginerait mal dangereuse. Elle ne l'est pas pour ce que j'en sais et même quand j'essaye de l'imaginer en guerrière je n'y arrive pas.

« Disons qu'elle répondra à un maximum de vos questions mais elle ne pourra vous expliquer la défaillance de votre appareil ou de tous les autres navires et avions que vous voyez échoué au bord de l'île. »

Cette humaine me surprend vraiment, je ne me laisse pas souvent le plaisir de regarder ainsi une humaine échouée sur l'île mais dans son cas je fais une exception. Je ne sais pas ce qui la rend si tentante exactement. Sa tenue militaire n'est pas des plus sexy, son attitude fougueuse et rebelle non plus quoi que j'y trouve un petit charme. Je crois bien que je la trouve juste physiquement à mon goût. Belle malgré sa blessure. Quand je dis que je vais devoir prendre une de mes armes, je la sens mal à l'aise, peut-être parce qu'elle réalise à quel point elle est vulnérable en cet instant. Personne n'aime être vulnérable ou en danger et à sa place je me sentirai sûrement dans les deux cas. Elle hoche doucement la tête, observant mon mouvement que je réalise rapidement pour lui enlever son gilet. Sa veste ouverte et son débardeur dégagé de la plaie, je constate qu'il n'y a rien de grave sinon pour le sang qui s'échappe inexorablement. Une fois recousue ses jours ne seront plus en danger. Lorsqu'elle dit vouloir sa bouche libre pour pouvoir m'insulter je souris.

« Si vous voulez me surprendre, soyez originale. »

Ce n'était pas la première fois que je me ferai insulté mais j'appréciais toujours la diversité et la floraison des insultes. Tout le monde finit par saler tôt ou tard c'est normal, j'espérais juste qu'elle me surprendrait parce que … l'air de rien je la trouve vraiment intéressante, vraiment … à mon goût. Pour l'aider à encaisser la douleur je lui parle de son avion et de ce qui restait dedans, je pourrai toujours aller le récupérer mais mieux valait le faire rapidement. Elle me confirme qu'elle a tout ce à quoi elle tenait avec elle dans sa veste. Ses yeux commencent doucement à tourner, elle a perdu pas mal de sang et cela se remarque. Elle perd finalement conscience et quand elle parle, je suis encore à ses côtés, d'une main sur son épaule je l'empêche de se relever.

« Restez allongée et reposez-vous encore, vous avez perdu pas mal de sang et la douleur vous a fait perdre conscience un peu plus d'une heure. Je vous présente Lisbeth. »

D'un signe de main je lui désigne la jeune femme qui se chargera désormais d'elle. Lisbeth lui accorde un sourire chaleureux plein de cette innocence étrange qu'elle a.

« Bonjour »

Sa petite voix pétillante doit bien contraster avec la mienne aux oreilles de la militaire. Alors que je me relève et me recule, c'est Lisbeth qui s'approche, avec toujours son joli sourire plein de vie et d'enthousiasme.

« Pas d'alcool dans votre condition, il n'y aurait pas assez de sang pour le mélanger. En revanche si vous voulez j'ai de quoi diminuer la douleur. »

De son sac à dos, Lisbeth tire quelques petites fioles.

« Je fais ça avec les plantes locales, c'est garantie homéopathie, efficacité et bio. »

Je hoche la tête à l'adresse de la militaire.

« Faites-lui confiance, elle sait ce qu'elle fait plus qu'on ne pourrait le croire. Je vous laisse à ses soins. Bon courage, Lieutenant. »
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MessageSujet: Re: Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton Sam 7 Avr - 10:06

Une plage. Une rencontre.
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Jayden & Damian

Malgré les réponses qu'il a pu me donner, je reste toujours dans un mystère des plus total. Comment une telle chose a pu se produire. Le dérèglement de mes appareils est encore inexplicable et j'ai la désagréable impression que cet homme ne me dit pas tout. Même dans le pire des états, mon esprit est capable de penser suffisamment, mais c'est loin de m'aider pour tout dire. Plus j'ai d'interrogations et plus j'utilise de l'énergie pour trouver des réponses par moi-même. Mais avouez que c'est un peu stupide de tenter quoi que ce soit dans un état aussi déplorable. J'observe le ciel et je m'aperçois que sa couleur est magnifique, ce qui est en parfaite contradiction avec la tempête que j'ai dû passer plus tôt. C'est étrange ce changement climatique tout de même. On en vient à penser que le triangle des Bermudes n'est peut-être pas une aussi grosse connerie qu'on ne pourrait le croire, mais malgré tout, mon esprit logique se refuse à croire que j'ai atterri quelque part dans un lieu n'existant sur aucune carte. Ce n'est pas possible, je ne peux pas y croire à une telle possibilité. C'est le genre de truc qui aurait plu à l'un de mes équipiers, mais moi, je suis loin de me réjouir de cette situation. En être victime et me sentir impuissante sont une chose qui m'est insupportable. Cet homme le remarque et tente de prendre une attitude amicale et positive malgré la gravité du moment. Ce dernier pense plus à effectuer les premiers soins qu'à me donner des explications que je pourrais accepter. Cependant, comment un être peut vouloir s'habituer à une telle vérité ! Je vais devoir vivre ici, sans l'espoir d'un retour dans le monde que je connais. En tout cas, il me l'a bien fait comprendre, il n'y a pas de billet de retour. Autant crever tout de suite ! Franchement, le destin a vraiment des projets bizarres à mon encontre. J'en viens à me demander ce que j'ai pu lui faire pour qu'il vienne à me haïr de la sorte.

Quand le gardien se met à effectuer les soins, je me crispe et des insultes plus étonnantes les unes que les autres viennent à sortir de ma bouche. Moi, qui souhaitais garder un minimum de contenance, c'est loupé. Je suis peut-être une tête dure, mais la douleur est une chose qu'on ne peut pas effacer. On peut sans doute la diminuer à force de concentration, mais avec cette perte de sang et ce manque d'énergie, je ne peux pas espérer quoi que ce soit de positif. Je dois déjà me concentrer sur cette situation qui est loin de me plaire. De toute façon consciente ou non, j'aurais dû mal à accepter l'évidence, cela me prendra des années, mais je suis bien trop combative pour ne pas tenter une adaptation tout de même.

L'inconscience me gagne au bout d'un moment, et comme si les choses n'étaient pas assez difficiles comme ça, je revois ma terre natale. L'endroit où j'ai vu le jour et où j'ai grandi. Toute ma vie défile dans mon esprit et plus cela va et plus je sens mon cœur se compresser sous cette intense souffrance. Que d'injustice en ce monde, par trois fois, j'ai loupé la mort pour finalement être prisonnière d'un endroit où il n'y aucune possibilité de retour. Je me pensais chanceuse, mais au final, je crois plutôt que la malchance me poursuit et se joue de moi d'une façon vraiment sadique. Et comme si cela ne suffisait pas, ma blessure, je pouvais la sentir et je sais très bien que je bougeais parce qu'elle me lancinait de plus en plus. Franchement, parfois, j'en viens à me dire que j'aurais dû avoir le courage de mettre le canon de mon arme à ma tempe. Je n'aurais pas vécu tout cela et je n'aurais pas eu à supporter l'absence non désirée des miens. Ma fin aurait été choisie, peut-être n'aurais-je pas trouvé le repos immédiatement, je me vois bien hanter le manoir familial pour veiller sur les miens. Mais vivante, sur une île qui n'apparaît nulle part à devoir regarder l'horizon en se disant que c'est impossible de faire demi-tour.

Quand mes yeux s'ouvrent, ma vision est brouillée par ce ciel trop intense qui fait naître une migraine. Aussitôt, je les referme en attendant que cela se calme avant de les ouvrir à nouveau. En voulant me redresser, je sens une main qui se plaque sur mon épaule pour m'empêcher un mouvement supplémentaire.

« Restez allongée et reposez-vous encore, vous avez perdu pas mal de sang et la douleur vous a fait perdre conscience un peu plus d'une heure. Je vous présente Lisbeth. »

Un peu plus d'une heure ? J'ai l'impression que cela a été moins que cela. Je tourne la tête pour croiser le visage d'une jeune femme un peu trop joyeuse à mon goût. Trop souriante. C'est presque une insulte pour dire vrai. Comment peut-on être de bonne humeur quand on se sait à la fois libre et prisonnier de ce trou perdu.

« Bonjour »

Je ne préfère pas répondre optant pour une demande d'alcool. Sincèrement, je me sentirais mieux après avoir bu un verre. Cela m’assommera à coup sûr et peut-être pourrais-je revoir ma terre natale.

« Pas d'alcool dans votre condition, il n'y aurait pas assez de sang pour le mélanger. En revanche si vous voulez j'ai de quoi diminuer la douleur. »

« Donc ça ne me tuera pas. » Fis-je simplement peu convaincu que la dose que je demande soit mortel. Quand on avait rien pour atténuer la douleur durant une petite opération sur le terrain, on donnait une bonne dose d'alcool et c'était partie.

« Je fais ça avec les plantes locales, c'est garantie homéopathie, efficacité et bio. »

J'arque un sourcil en la regardant. Est-ce que ces remèdes de grand-mère vont réagir rapidement ? Assez pour m’assommer pour que je ne voie et ne sente plus rien ? J'émets quelques doutes pour le moment.

« Faites-lui confiance, elle sait ce qu'elle fait plus qu'on ne pourrait le croire. Je vous laisse à ses soins. Bon courage, Lieutenant. »

Le gardien répond à une question que je n'ai même pas posé. À croire qu'il a pu lire dans mes pensées. Je l'observe un instant alors, qu'il s'éloigne pour laisser sa place à la blondinette.

« Hey Damian ! » Fis-je en me redressant malgré les constations que je peux recevoir. Honnêtement, j'ai déjà suffisamment avec mon sentiment d'impuissance alors, si en plus je dois me laisser aller à la douleur, je ferais une bien piètre militaire. « Quand on se recroisera, j'attends une confrontation digne de ce nom. » Je n'avais pas dit mon dernier mot, je comptais bien reprendre là où on s'était arrêté. Une fois guérit, je pourrais lui tenir tête sans soucis et je lui ferais ravaler son sourire à celui-là.

Je me laisse tomber sur le sable tout en observant la jeune femme blonde au-dessus de moi. C'est bizarre. Toute cette histoire semble sortir d'un mauvais film. Je pousse un long soupire en mettant mon avant-bras sur mon front cachant ainsi l'intensité de cette lumière qui m'est plutôt désagréable en cet instant.

« Alors... Il paraît que vous pouvez répondre à mes questions. C'est quoi cet endroit et le fait qu'on ne peut pas en partir. » Rien que de le dire, cela me fait serrer les poings. J'ai pas envie de finir mes jours ici. Ma famille. J'y pense sans cesse et puis, je comprends maintenant ce que ma sœur aînée voulait dire qu'un jour, je regretterais cette froideur entre mon père et moi. Ouais, ça serait vraiment du gâchis que de se séparer comme ça. On n'a jamais pu véritablement s'entendre sur quoi que ce soit quand j'ai décidé de faire l'armée plutôt qu'une école d'hôtellerie. Je ne voulais pas être prisonnière d'un uniforme de majordome à courber l'échine, à valoriser l'étiquette, à agir comme une parfaite petite anglaise. Je n'aurais pas pu y trouver ma place dans une vie morose et trop coutumière. L'armée a répondu à mes besoins, m'a confronté aux pires démons et voilà que maintenant, j'étais prisonnière d'une espèce de purgatoire.

« C'est quoi cet endroit. » Demandais-je à nouveau.

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MessageSujet: Re: Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton Jeu 12 Avr - 16:25

En fin de compte, je ne suis pas nerveux à la laisser avec l'humaine. Cette dernière s'occupe assez souvent d'accueillir les nouveaux arrivants, elle connait plusieurs techniques médicales, notamment pour recoudre et désinfecter les blessures. En plus c'est une fanatique de plantes, biologiste qu'elle était avant d'arriver ici. C'est moi qui l'avait trouvée à son arrivée, comme avec Jayden, et la petite humaine s'était mise en tête de me remercier avec une bouteille d'alcool fait par ses soins à partir de différentes plantes trouvées sur l'île. Un truc ultra-violent qui vous déchire le cerveau mais avec un goût si fin et délicat qu'on le boirait comme du petit lait. Le genre de boisson piège dont vous ne vous méfiez pas et quand vous vous levez de votre chaise, le monde entier semble tourner sur lui-même. La pièce est prise dans une tempête comme le pont d'un bateau perdu en mer. Voilà l'effet de sa petite concoction personnelle. J'ai proposé un jour qu'elle en donne aux nouveaux arrivants plutôt que ses remèdes homéopathiques mais il semble que ses remèdes fassent de vrais miracles. Quand elle dit connaître presque toutes les plantes de l'île, je suis sûr qu'elle les connait vraiment toutes en réalité.

Cela dit la militaire n'a pas fini de me surprendre. Je m'apprêtais à partir qu'elle m'arrête en prenant la parole et provoquant un sourire sur mes lèvres alors que je tourne la tête vers elle. Elle n'avait apparemment pas apprécié sa défaite, c'est bien une militaire et apparemment une qui aime gagner. Elle n'avait pas apprécié de s'être écrasée et en plus elle avait été battue dans la foulée, je pouvais comprendre ce qui se passait dans sa tête, personne n'aimerait être à sa place. Cela faisait deux coups durs à encaisser en l'espace de quelques heures. Personne n'aime ce genre de choses. Alors je l'observe avec un sourire, conscient qu'il est en réalité peu probable que nous nous croisions à nouveau et je hoche la tête. Lui donner un objectif maintenant prisonnière ici, lui permettra toujours de mieux partir de l'avant que si elle n'avait vraiment rien du tout.

« Avec plaisir. »

Mes derniers mots avant d'abandonner la lieutenant aux soins de Lisbeth qui déjà commence à s'occuper de sa plaie.

***

Agenouillée à côté d'elle, le regard rivé sur sa blessure, Lisbeth est en train de choisir ce dont elle va avoir besoin pour bien s'occuper de la blessure de la militaire. Les Gardiens sont de bons combattants mais leurs soins sont toujours militaires, pragmatiques, au moins Damian n'avait pas imaginé que de brûler sa plaie soit la meilleure façon de faire.

« Je vais devoir refaire ces sutures sinon vous allez avoir une énorme cicatrice. Je ne peux pas faire de miracle mais minimiser au maximum la cicatrice c'est jouable. Cela dit ça ne va pas être agréable. »

Délicatement elle découpe le fil qui avait permis les premières sutures faites par le gardien. Terminant d'enlever le fil, Lisbeth cherche dans son sac et pose une petite bouteille transparente pleine d'un liquide transparent à côté du lieutenant.

« Allez-y doucement, le goût est affreusement trompeur, ce truc-là est doux et sucré dans la bouche mais ça vous coupe un cerveau entrainé à l'alcool en deux temps, trois mouvements. »

Un petit clin d'oeil et puis l'humaine se met à l'oeuvre, désinfectant à nouveau la plaie mais avec un produit qui ne fera que froncer les sourcils à la lieutenant, puis avec une grande application et en prenant tout son temps, elle refait les sutures pour limiter la cicatrice de la militaire. Un temps long qu'elle met à profit pour lui répondre.

« Ce n'est pas qu'on ne veut pas que vous partiez, c'est physiquement impossible. Certains ont essayé et ils ont finis … enfin … »

Un petit signe de tête vers la mer et les épaves qu'on peut parfois distinguer ci et là.

« Cette île essaye de ne laisser personne entrer et ceux qui y sont n'ont plus le droit de sortir. C'est comme si elle était vivante, qu'elle avait une âme. Ca peut paraître étrange mais c'est la vérité. Je suis sûre que vous êtes une très bonne pilote mais cette île … Elle est plus forte que tout. Avions, bateaux, il y a même un sous-marin d'exploration scientifique qui s'est retrouvé ici … C'est inexplicable mais c'est comme ça. »
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MessageSujet: Re: Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton Jeu 19 Avr - 17:46

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Jayden & Damian

La relation entre Damian et moi était à présent claire. Une sorte de défis et de rivalités venaient de prendre vie entre nous et il faut dire que je digère mal le fait d'être resté sur une défaite. Même blessé, je pouvais être pire qu'un animal, avec tout ce qui m'est tombé sur le coin de la gueule, j'ai eu un peu de mal à me concentrer. Forcément, cela a joué contre moi, je vais devoir reprendre le dessus et fissa, parce que je ne ferais pas de vieux os sinon. Néanmoins, ce que je venais d'apprendre me laissait un goût d'une amertume qui ne souhaitait pas s'envoler. C'est dur d'apprendre que si l'on parvient à fouler cette plage, on ne pourrait pas faire le chemin inverse. Qu'est-ce qui va m'attendre outre le fait d'être une libre prisonnière de cette île qui n'existe sur aucune carte ? Je n'ai jamais particulièrement cru au surnaturel ou encore en l'existence du Triangle des Bermudes, des extraterrestres ou encore de l'Atlantide et ce même si Platon le mentionne. Pour moi, tout ceci ne sont que des fables pour alimenter l'imagination des êtres humains, très sceptique, je ne crois qu'en ce que je vois et encore là, même si j'ai pu voir des choses difficiles d'explications, je reste sur mes gardes. Après tout, à ces moments-là, j'étais prise par la peur, le manque de nourriture et d'eau, de ce fait la folie vous atteint plus rapidement qu'on ne pourrait le croire. Et puis, j'étais sur le champ de combat, alors, vous comprendrez que l'esprit se tourne facilement des films pour donner une raison en l'existence d'une telle inhumanité, qu'elle provienne de nous ou d'un autre.

Je suis croyante. Je crois effectivement en Dieu et au Diable, mais, j'estime que c'est l'homme qui est responsable de ces choix et de ces actes. Tout simplement. Donner la faute à une entité pour un mal commis, ce n'est que fuir sa responsabilité. Je pourrais encore vous en raconter pas mal sur ce point, mais je préfère me stopper là parce que je m'éloigne un peu trop de la réalité. Sans doute, est-ce à cause du choc et de mon état si faible. Mon corps tient à peine, je sais que si je tente de me relever, je retomberais à nouveau sur le sable. Le point positif, c'est que si cela arrivait alors, je ne me ferais pas mal.

Lui s'en va, mais est-ce que nos chemins vont se croiser à nouveau ? Voilà une chose que j'ignore et puis cette petite tête blonde trop souriante à mon goût se met à m'ausculter avec attention, sans doute, pour constater si Damian s'est bien occupé de ma blessure. Je la laisse faire sans un mot, pourquoi trouvais-je son comportement déplacé ? Peut-être parce que je suis dans la merde et qu'elle sourit comme si de rien n'était. Ce n'est pas juste envers elle, mais mon caractère pouvait facilement dévier du calme à une certaine froideur qui se fait parfois bien extrême.

« Je vais devoir refaire ces sutures sinon vous allez avoir une énorme cicatrice. Je ne peux pas faire de miracle mais minimiser au maximum la cicatrice c'est jouable. Cela dit ça ne va pas être agréable. »

La constatation est immédiate. Refaire les points de suture, c'est vrai que ce soit Damian ou bien moi, on se soucie peu de l'esthétique. Il a pensé à désinfecter la blessure et recoudre pour empêcher le sang de trop s'écouler. Personnellement, je me fous un peu d'avoir une cicatrice, elle sera un témoin supplémentaire de mon histoire, se rajoutant à d'autres que j'ai déjà sur moi.

« Une de plus, ça ne changera pas grand chose. » Fis-je simplement, déjà bien épuisé par la première séance de soin. Voilà que je devais en supporter une seconde.

Je suis donc bien obligée de prendre sur moi tandis que la jeune femme se met à rompre les fils de sutures et effectivement, la sensation en est grandement désagréable. A nouveau, je dois faire face à la douleur. Moi qui dans mon état supporte à peine de respirer sans sentir une sensation peu agréable dans ma poitrine.

« Allez-y doucement, le goût est affreusement trompeur, ce truc-là est doux et sucré dans la bouche mais ça vous coupe un cerveau entrainé à l'alcool en deux temps, trois mouvements. »

C'est sans attendre que je prends la bouteille et que j'en bois une bonne lampée. Le goût est agréable, mais l'effet est immédiat. De coutume, il me faut beaucoup pour être ivre, mais là, je sens déjà mon cerveau se déconnecté de la réalité. Comme dit, c'est assez puissant comme effet, mais au moins, cela me permet de ne rien sentir de ce qu'elle me fait. J'arque un sourcil et observe ces mouvements alors, qu'elle termine de me faire les sutures. Et moi ? Et bien, je pose les questions qui ont dû mal à trouver une raison dans mon esprit. C'est vrai, comment est-ce possible que je sois bloquée ici. Je devrais trouver de la vérité dans la réponse donnée par Damian, surtout en voyant la carcasse de ces navires et ces avions. Mais, non, je n'y parviens pas.

« Ce n'est pas qu'on ne veut pas que vous partiez, c'est physiquement impossible. Certains ont essayé et ils ont finis … enfin … »

« Mort. Tu peux le dire. » Fis-je, la voix déjà embrumée par les effluves de la boisson que je continue de boire. Ouais, ma seule envie, c'est de me déchirer et de tout oublier pour le moment.

« Cette île essaye de ne laisser personne entrer et ceux qui y sont n'ont plus le droit de sortir. C'est comme si elle était vivante, qu'elle avait une âme. Ca peut paraître étrange mais c'est la vérité. Je suis sûre que vous êtes une très bonne pilote mais cette île … Elle est plus forte que tout. Avions, bateaux, il y a même un sous-marin d'exploration scientifique qui s'est retrouvé ici … C'est inexplicable mais c'est comme ça. »

Je passe une main sur mon visage en poussant un soupire tandis qu'elle termine enfin les nouveaux soins. Je reste assise, en observant le désastre sous mes yeux. L'endroit serait plutôt paradisiaque sans ces carcasses de bois et de métal. C'est quoi ce bordel ! J'observe alors le ciel, il est calme, mais mon esprit se souvient de la zone de turbulences que j'ai dû passer avant de me crasher dans la mer.

« Survivre autant de fois à la mort, pour vivre prisonnière ici. » Un rire amer m'échappe. « Le destin sait vraiment être sadique quand il le souhaite. » Je porte la bouteille à mes lèvres et voilà encore une gorgée qui serpente mes veines. Cela me réchauffe et m’enivre. C'est une nécessité, sans doute, pour oublier un peu de trouver une raison valable à tout cela.

« Plus qu'à me refaire une vie. » Un rire se fait entendre à nouveau. Bref et froid. « Comme si c'était facile. »

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MessageSujet: Re: Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton Lun 23 Avr - 13:02

En réalité Lisbeth n'avait jamais aucune envie de devoir refaire des sutures, moins encore d'en faire, elle déteste les blessures, surtout sur les autres, ne pouvant s'empêcher de s'inquiéter. Alors sa défense c'est de sourire pour oublier ce qu'elle est en train de faire mais aussi pour aider la personne qu'elle soigne à voir un visage amical et chaleureux. Elle pouvait imaginer en partie ce qui se passait dans la tête de la militaire, quoi que Lisbeth était arrivée en yacht et avait été la seule survivante de cette mésaventure où elle avait perdu plusieurs amis. La remarque de la militaire ne lui plait pas vraiment.

« Dites pas ça, vous êtes plutôt belle, ça serait dommage une grosse balafre sur votre hanche. »

Innocente jusqu'au bout des ongles … Enfin pas tant que ça. L'innocence était morte quand elle avait retrouvé ses amis morts après que le yacht ait sombré. Elle en retrouvait une petite partie parce qu'elle pensait important que les gens qui arrivent ici, qui viennent de vivre un traumatisme soit accueillis par une personne qui leurs montre que la fin n'est pas arrivée. Pas encore. Et puis partager un peu de son alcool maison est une autre façon de mettre les gens à l'aise. Malgré son avertissement la militaire en boit une sacrée gorgée qui risque de lui faire un effet rapide avec le sang qu'elle a perdu et la façon dont elle ne réagit plus vraiment sous les soins en est un bon témoin. Lisbeth sursaute à la façon désinvolte dont la militaire vient de prononcer le mot « mort ». Comment croit-elle que Lisbeth ait terminé sur cette île ? A-t-elle la moindre idée de la cruauté que ce mot a encore pour elle ? Cela fait des années qu'elle est là et ce mot, prononcé sur la plage devant ces épaves est encore aussi douloureux. Lisbeth n'en montre rien sinon une brève ombre qui passe sur son visage.

« Oui. »

L'amertume de la militaire, si elle continue, finira peut-être par atteindre la bienveillance et la chaleur de la blondinette qui prend soin d'elle mais pas pour l'instant. Cela dit avec tout ce qu'elle avale d'alcool, elle risque bientôt de ne plus se rendre compte de rien. Ses derniers mots, prononcés avec une telle désinvolture et une froideur affreuse font passer une moue sur les lèvres de Lisbeth. Elle cherche un petit instant dans son sac et en sort une petite pilule.

« Antibiotique. A avaler. »

Lisbeth dépose le médicament sur les lèvres de la militaire.

« Allez-y avec une gorgée d'alcool, au point où vous en êtes, ça ne peut plus vous faire de mal. »

Rangeant son matériel dans son sac, Lisbeth se relève tranquillement en observant la militaire tanguer dangereusement dans sa position.

« Quand vous vous réveillerez il y aura un grand verre d'eau sur la table de chevet, buvez-le avant de vous lever ou vous allez vous coltiner une migraine de tous les diables. »

Antibiotique avait-elle dit ? Plutôt un somnifère bien puissant couplé à l'alcool qui allait bien faire dormir la militaire.

« Et faites-moi plaisir, arrêtez de geindre sur votre pauvre petit sort égoïste. Quand je suis arrivée ici, la première chose que j'ai dû faire c'est enterrer six amis. Vous ne vouliez pas arriver ici mais vous y êtes. Cela dit vous, au moins, vous n'avez pas survécu à des proches pour avoir la chance de vivre. »

Lisbeth n'est même pas sûre que la militaire ait entendu les derniers mots qu'elle a prononcé mais peu importe, elle avait besoin de les exprimer.

Comme l'avait promis la blonde, Jayden trouverait un grand verre d'eau à son réveil. Allongée dans un lit d'un grand confort, sans avoir été lavée ou changée par décence cependant. Des vêtements propres l'attendent ainsi qu'un petit guide utile à son arrivée … et le moyen de retrouver Lisbeth si elle désirait plus de renseignements ou d'aides pour prendre ses marques sur l'île.
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Une plage. Une rencontre. | PV : Damian Stanton

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